• Entre le soleil qui flamboie et la route qui poudroie Charles VI dit "Le Bien Aimé" chevauchât... en direction de Malicorne, alors, bien sûr, comme il faisait chaud, la tête lui tournât mais il avait revêtu une tunique de velours et un chaperon de vermeil écarlate qui lui couvrait bien la tête : une "tenue très estivale" que l'on appelait une "jacque" ; enfin, non ce n'était pas vraiment la tenue idéale quand on crève de chaleur.

    Avant d'atteindre la forêt de Longaulnay, surpris, effrayé par un drôle d'individu en haillons, il fit une démonstration de ses talents de guerrier et en deux coups de cuiller à pot, deux de ses valets passèrent de vie à trépas et il en blessa deux autres qui trépasseront plus tard ; alors là, l'expédition est terminée : et le roi devient
    fou
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    paysans-MoyenAge-2

     

    "La moisson" tableau de Bruegel L'Ancien


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  • Le sol ingrat d'une terre cendrée faite de sables délavés avait enfanté dans les temps immémoriaux où s'était forgé cette vieille contrée, une forêt dense et immense couverte de pins maritimes, de quelques vieux châtaigniers et des chênes noueux.
     
    Or, dans ces temps-là, la guerre de cent ans avait déjà fait ses ravages depuis une cinquantaine d'années mais nous n'étions pas encore parvenus à cette époque terrible où les soudards d'Outre-Manche avaient semé la terreur et la désolation sur ces terres et incendié l'église dans le village voisin de GUESCELARD.
     
    C'est à cette période qu'un bon Roi, animé d'une funeste intention, avait entrepris de traverser de bonne heure et de bonne humeur la vénérable forêt.
     
    La messe étant dite, il se mit en route courageusement par un temps tropical inhabituel dans cette douce province. Armé jusqu'aux dents et escorté d'une imposante soldatesque, sur le coup de midi, il chevauchait dans la fournaise de l'été.
     
    Somnolant en longeant la Sarthe, il ignorait royalement Fillé ; Fillé où les eaux calmes de la Sarthe reflètaient ce qui restera un cliché figé pour l'éternité : un vieux moulin appartenant au Seigneur du coin et près duquel les saules pleureurs se miraient, majestueux, dans l'onde frémissante. Enfin, une contemplation idyllique en ce 5 août 1392 où le soleil coulait du plomb sur les troupes qui entouraient le bon Roi.
     
    Saisit de frayeur alors qu'un individu, sorti d'un buisson, saisit la bride de son cheval, le Noble Roi réveillé et sorti de sa torpeur s'en prit à deux de ses écuyers lesquels, en deux coups de cuiller à pot, passèrent de vie à trépas.
     
    Chevauchant placide dans la chaleur de l'été,

    Voilà un Roi tout estourbi près de Fillé.

    Terrifié par la vue d'un pauvre homme en haillons,

    A tel point qu'il perdit totalement la raison.

    Et son cerveau semblant déjà fort ébranlé.

    Il  acheva à Buffes une folle équipée,

    Désarmé par ses oncles qui visaient l'héritage,

    Surtout n'y voyez-là aucunement un présage !

     mais le bon roi surnommé Charles "Le Bien-Aimé" devint Charles "Le Fol".

    La guerre de cent ans achevée, la vie reprit son cours et chacun vaquât à sa misérable besogne oubliant cette royale mésaventure et le temps passa...

    La forêt se déchira, le feu la démantela, et au fil du temps, elle disparut dans le tourbillon de la civilisation.
     
     
    Christiane Choisnet

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    Paragraphe précédent : Ouvrage de Jean Calvin intitulé "Christianae Religius"

     

    Scan

    Moulin de la Beunêche à Fillé du XVI° siècle -

    photo collection particulière.

     

     

     

    Le Mans embrasse la cause réformée grâce à l'appel du grand Condé. René de Buffes Père assiste assidûment, ainsi que ses filles, aux réunions organisées par les adeptes de Calvin. Il se signale en faisant partie de ceux qui ouvrent les portes du Mans aux protestants.

    On chuchote même dans les chaumières de Fillé que, durant les mois de juillet et août 1562, des rixes ont opposé les hommes d'arme du parti de la réforme à plusieurs hommes de la compagnie de Louis III de Montpensier, commandés par François du Boucher et que plusieurs de ces derniers ont péri dans la Sarthe au bord des douves du château de Buffes.

    On fait la chasse aux sorcières ainsi qu'à tous ceux qui, peu ou prou, ont fréquenté les réunions et les demeures des protestants qu'on accuse de tous les maux... Il faut dire qu'en Janvier 1562, des inondations importantes sont à déplorer car les pluies n'ont pas cessé depuis la Sainte-Catherine.

    Il s'ensuivit une carence de grains et de farine puis une épidémie de peste en 1563. C'est à cette période que la mortalité française fut la plus importante.

     

    Dans la Revue Historique et Archéologique du Maine de 1888, un article est consacré au Livre de Raison d'une famille du Maine, la famille Legendre, écrit par un membre de cette famille. Or, nous apprenons que le Sire Gervais de Barbier de Francour qui faisait une propagande active auprès des paroisses du Mans et des alentours avait "une imagination brillante qui assurait  à ses discours de la force et de la dissuasion sur les esprits". Or, "sous l'influence de Gervais, une foule de bourgeois et de gentilhommes vinrent se faire inscrire au nombre des adeptes de la nouvelle doctrine". On y remarquait des légistes, les sires de Nue, de la Ferrière, de Lavardin, de Buffes en Fillé-Guécelard, de la Suze, des Touches..."  Les adhérents de cette secte avaient délibéré sur la constitution d'une association dès le 1er Janvier 1560. (Quoiqu'il en soit, la famille de Barbier de Francour s'éteignit en 1793, son dernier membre est mort dans un cachot révolutionnaire).

    sources : paragraphe en caractères noirs de la Revue Historique et Archéologique du Maine - second semestre de 1888. (Médiathèque du Mans).

    Monsieur de Germaincourt, Marquis de Vassan qui avait épousé Mademoiselle de Vallée en 1620 aurait été le dernier seigneur de Buffes, il s'était converti au protestantisme.

    Louis XIII, en se rendant voir la reine Marie de Médicis à Saumur, pour tenter un énième traité de paix, aurait fait une halte au château de Buffes (le lit dans lequel il séjourna est toujours visible au Musée du Mans).

    Sébastien de Broc, Chevalier, Seigneur des Perrais qui a acquis la châtellerie de Foulletourte en 1617 évoque dans ses rapports les périodes difficiles, les épisodes douloureux : les grandes famines dans la contrée dans le dernier quart du XVII° siècle , les charges accablantes occasionnées par les passages des troupes.

     

    Sources : paragraphes en caractères bleus = extrait des Données chronologiques que M. Pierre Gouet a remis au Maire de Fillé.

    Pierre Gouet 2005-2006.

    et Revue Historique et Archéologique du Maine.


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