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cour de ferme - anonyme
Le Pays ou Baronnie de Longaulnay, ancienne contrée, contenait la Forêt de Longaulnay ou forêt du Mans d'environ 17 000 hectares, dont il est fait mention dans le roman de "Berthe aux grands pieds",(*) qui s'étendait sur les paroisses de Roêzé, la Suze, Saint-Jean-du-Bois, Fercé, Mézeray, Courcelles, Ligron, La Fontaine-St-Martin, Saint-Jean-de-la-Motte, Oizé et Cérans Foulletourte, Parigné le Polin et à la limite nord de FILLE et Guécélard. (Il existe un autre Longaulnay mais sis en Bretagne Ile et Vilaine).
Ce sont en majeure partie des terres de landes, de marécages, parfois de terrains pauvres, de sables et de sables délavés le plus souvent que nos paysans pleins de bon sens, appelaient encore il y a quelques années "de la terre volée", jouant sans doute sur les mots car la terre le porte, ce sable, d'un voisin à l'autre et il vole...
Des historiens locaux situent la naissance de FILLE vers 1400.
Terre de pins, de pins maritimes et de pins sylvestres, de pauvres chênes noueux, de quelques châtaigniers. Terre cendrée, grise ou violacée, tout juste bonne aux topinambours, aux pommes de terre, et aujourd'hui à quelques asperges. C'est dire les modestes bordages, les masures et la misère qui trop souvent y régnait dans cette contrée.
La Forêt du Mans devenue si célèbre par l'aventure qui coûta la raison à l'infortuné Charles VI (voir article suivant) est aujourd'hui entièrement détruite à l'exception de quelques bosquets.
(*)" C'est dans un roman médiéval d'Adené Le Rois du XVIII° siècle - p. 34 où il est question de Berthe de Laon, épouse de Pépin Le Bref, elle se serait éloignée du campement, et égarée dans la forêt du Mans,
"....
" Bien cinq grandes journées, i voudront détrier
" Tant qu'en un bois s'en vindrenhaut et grand plainier
" C'est la forest du Mans, ce oy tesmoigner,
" Lors se sont arrêtées,
"....
Extrait d'un livre écrit par Monsieur André GOBENCEAUX L'HUISSIER sur GUECELARD
 


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Catégorie : Art et culture / Histoire locale
histoire d'un village de la Sarthe de l'an mil à la fin de la guerre de 100 ans d'après archives départementales et divers ainsi que documents remis à celui qui en fut le Maire pendant près de vingt ans avec ses grandes et petites histoires.
- la baronnie de Longaulnay
- la seigneurie du gros Chesnay (Seigneurie principale du village)
- le temps des Croisades à FILLE : passage du pape URBAIN II avec un long cortège bruyant de chars à boeufs et de bourricots chargés et Jacquelin de Jalesnes, du fief de la Beunêche (autre seigneurie de Fillé) propose quelques hommes forts de FILLE pour accompagner le cortège
- la guerre de 100 ans dans la Sarthe : ce n'est que pilleries, désolation, destruction, le château de Buffes est incendié par les anglais
- et le roi Charles VI devint fou... (dans la forêt du Mans près de FILLE) : il faisait chaud, très chaud, le roi chevauchait dans la forêt de Longaulnay quand surpris par un individu habillé en haillons qui lui cria "Arrêtes, Noble Roi tu es trahi !" il crût à une attaque et tua deux de ses valets et en blessa deux autres. Charles "le Bien Aimé" devint "Charles VI le Fol".
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Edouard III, roi d'Angleterre, possède en France la Province de Guyenne. En 1337, il essaie de répéter, mais à l'inverse, l'opération de Guillaume-le-Conquérant trois siècles plus tôt, en se proclamant roi de France. Il commence aussitôt la conquête de "son" royaume...
Ainsi débute la période connue sous le nom de GUERRE DE CENT ANS qui durera avec les trêves jusqu'en 1453.

Il y a déjà des vignes à FILLE et pendant la guerre de 100 ans, la rapacité des occupants anglais n'avait d'égal que la goinfrerie du dénommé Jean Falstolf (nommé plus tard Falstaff), maître du régent le Duc de Bedford, qui venait se goinfrer de charcutailles dans les métairies aux alentours du Mans et de fruits et de raisin dans le grand jardin du "Gros Chesnay". N'est ce-pas le duc de Bedford qui faisait envoyer en Angleterre de nombreuses barriques de vins du cru en écumant les vignerons de FILLE qui cachaient leurs barriques de vins et leurs réserves alimentaires dans le souterrain de FILLE ?
Deux importantes périodes de famine avaient précédé cette époque : 1339 à 1341 et 1343 à 1346. Le printemps 1374 est si pluvieux que "les bleds sont gastés en terre..."
S'y ajouta, les passages répétés des gens d'armes.
Une fois de plus, ce fut la misère et le dépeuplement de notre territoire, livré aux déprédations de la soldatesque anglaise. De nombreuses maisons construites en bois sont incendiées, Buffes est gravement endommagé, Mondan est ravagé le 16 Septembre 1380 en même temps que l'église de GUE-SEELARD est incendiée.
Après la bataille de Crécy en 1346, Jacques de Maridort, cadet de la célèbre famille Warwick alliée à Thomas Becket (archevêque de Cantorbéry), s'installa dans la région de La Flèche. Un des seigneurs de sa suite trouvant les rives de la Sarthe accueillantes et appréciant les lieux pour le passage incessant des marchands au gué de FILLE entreprit de construire ce qui fut le premier château de Buffes. On y était à vrai dire plus en sureté derrière les épaisses murailles que pour le gîte et le couvert car le château était peu meublé et chaque hôte de passage devait amener table, banc et couchage.

LA PESTE
A partir de 1347 jusqu'en 1350, la peste noire, un terrible fléau, arrivée par les navires marchands venus d'Orient s'étendit à toute la France suite aux fortes chaleurs d'été et cette extension s'accompagna à FILLE de l'ergot de seigle dû à la souillure des récoltes par les rongeurs ainsi qu'au manque d'hygiène. Dans l'Europe médiévale, le pain se faisait à base de seigle et l'ergot de seigle est un champignon de couleur vineuse ou noirâtre de un à six centimètres qui s'accroche aux épis lequel entraîne des convulsions épileptoides et une gangrène des extrémités ; il provoque également des hallucinations, des troubles étranges et des délires. L'hospice des Ardents fondé au X° siècle près de la cathédrale du Mans était destiné à recevoir ces malheureux atteints de maladies provoquées par l'ingestion de céréales (surtout l'ergot de seigle).
A l'avènement de Louis III d'Anjou, comte du Maine, vers 1417, nouveau retour dévastateur des soudards d'Outre-Manche.
"Jean Froissard dans ses Chroniques Royales décrit une chevauchée des anglais en 1380. La Sarthe constituant une ligne de défense pour les français, ceux-ci avec l'aide des petits seigneurs locaux, avaient obstrué les lieux de franchissement de la grande rivière. En garnison à Pontvallain, le 16 Septembre 1380, une importante troupe de soldats d'Outre-Manche, par Moncé-en-Belin, essaya de traverser la rivière Sarthe à Arnage, puis à FILLE, suivant la berge jusqu'à Noyen, à la recherche d'un passage, ravagèrent Buffes, incendièrent Mondan, endommagèrent maisons, hameaux, églises, dans une fureur destructrice."
Extrait d'un livre écrit par Monsieur André GOBEANCEAUX L'HUISSIER sur GUECELARD.
En effet, vers la même époque, on dit qu'une galerie est creusée entre Buffes et le Gros Chesnay et l'on dit encore aujourd'hui qu'un trésor se cacherait dans ce souterrain mais au troisième millénaire - donc à partir de 2007 - les travaux effectués sur la plaine dite de "loisirs" et donc sur ce fameux souterrain n'ont révélé aucun trésor.
Toutefois, en 1448, les Anglais abandonnent le Maine en incendiant le domaine de Buffes. C'est aussi à cette époque que prirent forme les jardins du Gros Chesnay arrachés aux eaux stagnantes du marais.
Le seigneur de Mondan Jacques de Buffes devient l'héritier du domaine de Buffes, incendié au départ des Anglais.
BUFFES SERA RECONSTRUIT - LA BEUNECHE TRANSFORME A LA RENAISSANCE - "LE CHATEAU DU GROS CHESNAY" SE CONSTRUIT PLUS TARD PRES DU FIEF DES RICHARDIERES.
En effet, Charles VII mettra fin en 1453 à la guerre de cent ans sur une victoire française. Son nom reste principalement attaché à l'épopée de Jeanne d'Arc qui lui permit de renverser une situation compromise et d'être sacré roi à Reims le 17 Juillet 1429. Très contesté dans sa légitimité même, Charles VII était devenu roi en 1422 en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bouguignons. Chef de fait du parti des Armagnacs, il avait été deshérité par son père, Charles VI, au traité de Troyes en 1420 au profit d'Henri V d'Angleterre.
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Le pape Urbain II pour appuyer la mobilisation et assister au départ de la première croisade aurait séjourné au Mans du 16 au 19 Février 1096. Par les chemins boueux et dangereux du royaume de France, le souverain pontife ne se déplaçait jamais seul ; il avait une bonne avant-garde de soldatesque armée jusqu'aux dents, bardée d'armures imposantes et flanquée de lourdes épées et lances, chargée d'ouvrir le chemin et de chasser les importuns. Une forte escouade de nobles avec leurs gents d'armes, leurs écuyers suivaient tandis que les cardinaux, les nonces apostoliques, les évêques et les moines encadraient le chef de la chrétienté.
Quelques jours auparavant, de passage à Sablé le 14 Février 1096, le pape Urbain II souhaita se recueillir quelques temps dans le modeste cloître de Solesmes et rendre visite à Hoel, évêque du Mans, fugitif et réfugié chez les moines qui attira une foule considérable dans l'abbaye pour lui témoigner sa vénération.

LE PAPE URBAIN II
Ainsi, pour la première croisade, un long cortège bruyant de chars à boeufs, de bourricots lourdement chargés, transportait toute l'intendance, de gros coffres bourrés d'ornements du culte, d'ustensiles de cuisine et de nourriture.
Des hommes d'armes, des lanciers, des cerfs enrôlés de force par leurs seigneurs fermaient le banc pour éviter au riche convoi de se faire attaquer par l'arrière par des bandits de grands chemins.
C'est dans ce contexte que Jacquelin de Jalesne, de Maillé, premier noble cité comme possesseur du fief de la Beunêche rendit humble hommage au saint homme mais, trop jeune pour participer à la première croisade, il aurait proposé quelques hommes forts de FILLE, de solides gaillards soustraits à leur famille, pour former la petite troupe de guerriers qui accompagnait le convoi durant ce long voyage vers la terre sainte.
Manoir de la Beunêche - photo collection particulière -
Les de Jalesnes appartenaient à une famille de chevalerie qui portait depuis le XI° siècle le nom d'un fief et seigneurie du même nom à Vernantes en Anjou. Cette terre fut érigée à leur profit en Marquisat par lettres-patentes en décembre 1634. Cette famille s'est implantée dans le Maine, à Roezé sur Sarthe, au milieu du XV° siècle et y a habité le manoir de la Beunêche pendant deux cent ans. Les de Jalesnes se sont éteints en 1642. Le seigneur de la Beunêche était l'un des personnages les plus importants lors de la course des lances à la procession des Rameaux de la Ville du Mans.
Il eut trois fils dont l'aîné, Claude de Jalesnes, est présumé avoir construit l'ancien manoir de la Beunêche sur lequel se trouvent sculptés sur les lucarnes et sur la porte, les écussons de Jalesnes, accolés de Vendômois et de Jalesnes, surmonté du chapeau d'abbé. De son mariage sont issus deux enfants dont une fille, Charlotte et un fils, Michel qui est probablement le père de Charles, marquis de Jalesnes. Ce personnage né en 1588, décède e 1642 ne laissant que deux filles. Avec elles s'éteignait la maison de Jalesnes.
Ainsi, donc, en 1167, on trouve une première trace de l'existence du domaine de la Beunêche alors que le seigneur Jacquelin de Jalesne, de Maillé, de la Beunêche et de Gilbourg répondait aux appels vibrants de Saint Bernard de Vézelay. Devenu Chevalier du Temple, Jacquelin participe donc à la troisième croisade. Le 3 Juillet 1187 au pied des collines de Hittin, près du Lac de Tibériade, Saladin le Grand remporte une victoire sur les armées franques desservies par l'incompétence du roi de Jérusalem, Guy de Lusignan, la trahison du grand-maître des Templiers, Gérard de Ridefort et la brutalité de Renaud de Chatillon. Cernés, les chrétiens se battent avec héroisme. Jacquelin de Jalesne, Chevalier du Temple, reste seul debout sur le champ de bataille mais son cheval abattu sous lui l'entraîne dans sa chute. Il se relève et la lance à la main, continue à repousser l'ennemi qui, devant sa bravoure, lui propose de partir à sa guise, libre.
Jacquelin refuse et continue de se battre mais ayant perdu trop de sang, il meurt.
Les Turcs, subjugués par son courage, se partagent les lambeaux de ses vêtements pour en faire des reliques.

Saladin 1er s'empara de Jérusalem ce qui provoqua la troisième croisade (1189/1192).
sources :
essai historique sur l'abbaye de Solesmes et Dom Prosper Guéranger, ouvrage paru en 1846.
livre histoire classe de 5° des Cours Complémentaires
Moyen-Age - Renaissance E. Personne et P. Ménard des Editions Nathan
Imprimé aux Editions Tardy-Bourges en Novembre 195

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MILLE ANS DE NOTRE HISTOIRE COMMUNE DE L'AN MILLE A NOS JOURS EN CINQ BLOGS
Photo collection particulière
"QU EST-CE QUE MILLE ANS, PUISQU'UN SEUL MOMENT LES EFFACE ?" BOSSUET
Sur le parcours de PARIS-NANTES des grands chemins médiévaux et voies antiques, FILLE semble avoir été une étape importante.
En 1041, le seigneur Jean HUET aurait été propriétaire d'un domaine appelé Buffes, en bordure de la Sarthe, place forte pour le repos et la sécurité des voyageurs et des pélerins de l'époque.
La légende veut que ce manoir de Buffes ait été bâti par les Anglais, remarquable seulement par ses grandes croisées carrées divisées par des croix en pierre.
Défendu au nord de la Sarthe qui en baigne les murailles, sa cour était close de murs ayant une belle porte d'entrée au sud et une avenue en face. L'un des deux pavillons construits près de cette porte servait de chapelle domestique. Le tout était entouré de douves maintenant comblées.
En face et au nord de Buffes, fut construit le château du Gros Chesnay près du fief des Richardières qui est devenu le chef-lieu de la Seigneurie lorsque les propriétaires de Buffes ont abandonné cette habitation.
Le 7 Septembre 1202, Jean Sans Terre qui remontat de Malicorne, La Suze, Roezé et Fillé vint piller la bonne ville du Mans.
"Si les origines précises de Buffes restent incertaines, certains points et non des moindres apparaissent dans des actes de la fin du X° siècle et du tout début du XI° siècle...
La configuration du site de Buffes définit un choix d'établissement dit "en rive", à proximité d'un point de franchissement séculaire de la grande rivière...
La position de Buffes est incontestablement liée à sa relation avec l'élément liquide. Cette terre témoigne d'un patient compromis entre la rivière, la terre et les hommes".
Le 14 Janvier 1404, aveu rendu à Jehan d'Averton, seigneur de Belin, par Jehan du Bouchet, seigneur de Buffes pour ... son habergement et sa terre .... de la seigneurie de Buffes.
Le 20 Mars 1407 et le 13 Novembre 1431, Jehan du Bouchet, seigneur de Buffes, renouvelait cet aveu avec Jacques de Maridort, puis à Jehan II d'Averton, seigneurs de Belin, pour la terre fief et la seigneurie dudit lieu...
En 1451, Pierre de Germaincourt, mari de Marie du Bouchet rend aveu à Jehan II d'Averton pour les terres et la seigneurie de Buffes. Nouveaux aveux en 1453 et 1455. Marie du Bouchet est la fille aînée d'Etienne du Bouchet, seigneur de Mondragon et de la Forteri. Les Germaincourt sont possessionnés dans le Maine depuis le XIV° siècle.
Extraits d'un livre écrit par Monsieur André
GOBENCEAUX L'HUISSIER sur GUECELARD
FILLE qui se trouve de l'autre côté de la Sarthe, face à Buffes, est donc bordée par la rivière qui lui sert de limite communale.
ORIGINE DU NOM : DU NOM d'H. de Fillé mentionné en 1177. (sources le Patrimoine des Communes de la Sarthe - éditions Flohic)
Le développement médiéval de la paroisse est lié à l'importante seigneurie de Buffes.
L'abbaye de la Couture assurait le pouvoir tutélaire de FILLE qui se trouvait de facto dans les Quintes du Mans.
Jehan de BELLENGER, écuyer était seigneur du GROS CHESNAY avant 1484. De la terre du GROS CHESNAY dépendaient divers fiefs et seigneuries et les assises étaient tenues au château même du Gros Chesnay.
Jehan de BELLENGER l'échangea en 1484 avec Alexandre Mainard (alias MESNARD) époux de Jeanne LE GRAS, fille de Michel LE GRAS, Seigneur du LUART et de Marie CHAMBELLAN. Leur fils, Guillaume MAINARD, seigneur du GROS CHESNAY épousa Anne QUERLAVOINE dont ils eurent une fille Anne MAINARD, dame du GROS CHESNAY qui épousa vers 1550 François LE BOINDRE, deuxième du nom, Seigneur du PERRUCHET. Ils sont décédés avant 1585.
Guillaume MESNARD possédait, outre la seigneurie du GROS CHESNAY, un moulin seigneurial banal certifié avoir été construit en 1566, situé dans le centre du bourg, avec les terres attenantes. Ce moulin qui apparaît à l'époque de façon certaine dans les actes se profile à l'écart du village le long de la Sarthe (le canal n'existait pas encore).

photo collection particulière
Sous l'ancien régime, le moulin appartient nécessairement à un seigneur car le droit de moudre le grain était une "banalité", un droit féodal.
La situation du meunier comme celle des paysans en découlent puisque ceux-ci sont contraints d'aller y faire moudre leur grain.
Après cette longue période de guerres féodales et de la guerre de cent ans qui dura de 1337 à 1453, une nouvelle société fondée sur le droit féodal est parvenue à se mettre en place : autour du château, les moulins, forge, four, lavoir, tout ce qui est nécessaire à la vie quotidienne des habitants est mis à leur disposition par le seigneur qui perçoit, en contre partie, cens, taxes et redevances variées.
"En 1472, aveu de Robert de Germaincourt pour la seigneurie de Buffes au seigneur de Belin.
- 20 Juin 1496, Philippe de Germaincourt seigneur de Buffes depuis 1486, rend aveu à Jehan III, seigneur de Belin, du Perray et du bourg d'Averton pour la seigneurie de Buffes.
- 1er Janvier 1503, Jehan III d'Averton reçoit l'aveu d'Ambroise de Germaincourt, seigneur de Buffes pour ... habergement, les terres de la seigneurie de Buffes qu'il renouvela en 1513.
- 1529 et 1542, déclarations rendues à Beaudoin de Champagne pour les fiefs et seigneuries de Buffes par Jean Lebalay, prêtre...
- 16 Janvier 1541, Payen II, seigneur de Belin, du Perray et du Bourg d'Averton, ayant succédé Jean IV, reçoit aveu de René de Germaincourt, seigneur de Buffes depuis 1539.
Buffes, fut jusqu'à la fin du XVII° siècle un fervent et un important bastion protestantisme, soigneusement évité lors de leur passage par les rois Henri IV et Louis XIII."
Extraits du livre écrit par Monsieur André GOBENCEAUX L'HUISSIER sur GUECELARD.
FILLE SE TROUVANT A LA BASE D'UN TRIANGLE QUI RELIE TROIS DOMAINES IMPORTANTS :
* "BUFFES" GUECELARD
* "LA BEUNECHE" ROEZE
* "LE GROS CHESNAY" FILLE
CES TROIS SEIGNEURIES VONT PAR LEUR AUTORITE ET LEURS POUVOIRS GERER A LEUR GUISE CETTE ENCLAVE.
Précédemment, en 1398, Perrine de Buffes avait fait acte de "vendition" (acte de vente) de la métairie de Bourdigale au profit du procureur de la fabrique d'Arnage. Plus tard, en 1412, Jehan de Germaincourt et Perrine, sa femme, sont témoins d'une donation à Huet de Buffes du Domaine de Saint-Benoît dans la suzainerie de la Suze.

L'église de FILLE dont la paroisse a été fondée en 1135 abrite une statue en terre cuite de la VIERGE A L'ENFANT, joli symbole de la Renaissance. Cette statue est l'oeuvre de Charles Hoyau qui est un des sculpteurs les plus doués du XVII ° siècle. Il a jouit dans le Maine, de son vivant d'une notoriété certaine. Il a réalisé plusieurs statues de la Vierge dont la très belle Sainte-Cécile de la Cathédrale du Mans ainsi que sa Vierge à l'enfant et celle de FILLE dont la pose élégante et le drapé animé avec grâce évoque le talent de Charles HOYAU. Cette statue fortement endommagé par l'incendie de 1944 en garde des séquelles ce qui permet d'observer les différentes parties de l'oeuvre. En effet, celle-ci

fut cuite par morceaux qui furent assemblés dans un second temps. L'enfant Jésus s'appuie sur le bras gauche de Marie et sa main repose sur la poitrine de la Vierge. Il semble que les doigts de Marie forment le monogramme du Christ.
Le curé de FILLE paya 22 livres Mançoises* valant 3 arcs et 8 deniers tournois pour ses vignes du "Groux Chesnayes"
* livre mansoise = denier du Mans : cenomanense ou mansoise.
* le double denier tournois est ancienne monnaie émise par les rois de France à partir de la fin du XIII° siècle :
- pendant la période médiévale et post-médiévale où le double deniers tournois est une monnaie de billon fabriquée à la main,
La Fabrique est un conseil composé de paroissiens élus appartenant à la Communauté des habitants de la paroisse et chargé d'administrer et de gérer les biens religieux.
A l'origine, les fabriques étaient composées de membres du Clergé ou maraguilliers qui dressaient la liste des pauvres. Elles comprenaient un conseil de fabrique, assemblée délibérante et un bureau des marguilliers, organe d'exécution.
A l'exception du curé et du maire, membres de droit, les fabriciens étaient d'abord nommés par l'Evêque et le Préfet avec renouvellement tous les trois ans.
En examinant la gestion du procureur de fabrique de Fillé, nous pouvons nous renseigner sur les biens et revenus de l'église au XV° siècle, sans être surpris de la modicité des recettes examinées de 1461 à 1468. Ces recettes provenaient en grande partie d'une redevance des fidèles appelée "les droictures de Pâques" et dont le curé percevait la moitié. En revanche, venaient s'ajouter à cette redevance, les offrandes des fidèles, tantôt en nature, tantôt en argent.
Mais les ressources étaient bien restreintes à Fillé et de ce fait le procureur de fabrique n'arrivait pas à équilibrer son budget. En conséquence, le luminaire qui représentaire la plus large part des dépenses avait été considérablement économisé. Les cierges achetés pour Pâques 1462 avaient servi à toutes les solennités de l'année. De plus, on employait que peu d'encens.
D'autres dépenses telles que le versement d'une petite somme au doyen ou au représentant qui venait exercer dans l'église son droit de visite, une petite rétribution au procureur de fabrique qui, lui non plus n'exerçait pas gratuitement sa charge (ce qui est logique) l'entretien du mobilier de l'église ainsi qu'une somme versée aux Seigneurs des fiefs n'arrangeaient pas, bien entendu, les comptes de notre procureur de fabrique !
C'est ainsi que, pour faire face à ces diverses charges les revenus ordinaires ne suffisaient pas. Les habitants qui étaient en possession de quelque bien que ce soit devaient verser une somme proportionnelle à la valeur de l'acquisition.
Les déficits des comptes de fabrique de 1698 ont été ainsi comblés. Cela ressemble à ce que nous acquittons de nos jours et qui s'appelle l'impôt.
Les Seigneurs Mesnard abandonnèrent donc par la suite le château fortifié de Buffes pour le château du Gros Chesnay en rive droite de la Sarthe et annexèrent à cette terre la Seigneurie de SPAY, paroisse voisine et celle de ROEZE, autre commune limitrophe partagée entre les Seigneurs de la Suze par la réunion au Gros Chesnay des fiefs de Vauguyon et de la Beunêche.

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Le chateau du Gros Chesnay est d'époque Louis XIII. Au bout d'une longue allée que côtoie, à gauche, une douve tandis qu'à droite un terre-plein rectangulaire est entouré d'eau, le château du Gros Chesnay dresse sa façade orientale. L'allée anciennement toute droite aboutissait au château après être passée entre deux pavillons carrés dont l'un servait de chapelle.
Au devant de la façade nord, il existait un jardin planté à l'anglaise, des terrasses, des bosquets et un bois bien percé s'étendant au Nord-Est, partie en futaie, partie en taillis ; vis-à-vis de la façade sud, une première cour gazonnée, close de murs et de grilles à hauteur d'appui.
Autant d'îles de verdure du plus agréable aspect.
sources et références manuscrites : archives départementales de la Sarthe
recherches ponctuelles dans les séries E, F, O, M, N.
archives de la Mairie de FILLE.
sources et références manuscrites : CHARLES HOYAU sculpteur, le grand maître de l'école Mancelle, article "Patrimoine" de la revue MAINE DECOUVERTES n° 23 de décembre 1999, janvier et février 2000.
Lecture de la totalité de l'ouvrage LA SARTHE ET SES RICHESSES de André LIGNE et Gilles KERVELLA des Editions de la Reinette.
revue historique et archéologique du Maine - 1956/77.
récit sur la fabrique de FILLE source bibliographique de l'HISTORIQUE DU MAINE
extraits sur l'histoire de GUE-SEELARD de Monsieur André GOBENCEAUX et remis au Maire de FILLE.
LE ROBOT DE LISA BUZZ
<a href=http://blog.lisabuzz.com>Lisabuzz.com</a> parle de FILLE SUR SARTHE : Sans tambours ni trompettes, Choisnet christiane propose ici une contribution ambitieuse à l histoire du Web. En effet, <a href='Http://fillesursarthe.kazeo.com/' target=blank class='blog'>FILLE SUR SARTHE</a> est un régal de bonne humeur, de bons mots, et d informations passionnantes. signé <a href=http://blog.lisabuzz.com> http://blog.lisabuzz.com</a>
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Durant la Renaissance : voilà une drôle d'histoire ! sacré roi à l'âge de 11 ans à la mort de son père Charles V, Charles VI prend réellement le pouvoir à l'âge de 20 ans en congédiant ses oncles qui avaient assuré la régence mais qui avaient pillé le trésor royal et assommé d'impôt le bon peuple. Autant dire que pour les ducs de Bourgogne, Berry, d'Anjou, de Bourbon... la pilule est amère mais depuis il est surnommé Charles "Le Bien Aimé" par ses sujets. Son grand-père Jean II le Bon (le père de Charles V) qui est d'ailleurs né comte du Maine au château du Gué de Maulny près du Mans avait créé une ordonnance établissant le franc en 1360.
Or, en 1392, ce petit-fils, Charles VI a 24 ans et il est donc roi de France de la dynastie des Valois et, à la tête de l'armée royale, le 5 août, il quitte LE MANS pour la Bretagne. Le roi et son escorte quittent la ville après la messe du matin. Or, ce matin du 5 Août 1392, une chaleur caniculaire écrase notre bonne ville du Mans et la campagne environnante.
La troupe se met en branle vers 9 ou 10 heures du matin, prend la direction de Malicorne et entre dans les bois de Buffes avant d'atteindre la forêt de Longaulnay. Son armée est impressionnante, on y compte pas moins de 265 chevaliers, 2267 écuyers, 146 archers, 48 compagnies d'arbalétriers et la sphère privée du Roi. Cette armée traverse la forêt du Mans en sortant par le gué de Maulny pour rejoindre Arnage et le chemin aux bœufs. On passe non loin de la maladrerie" de saint-gilles". A l'ouest de Guécélard, la troupe s'engage dans les bois que Huet de Buffes connaît comme sa poche.
Pour lui c'est un honneur de montrer aux notables, seigneurs et chevaliers accompagnant l'armée de leur faire faire un court détour vers son château-refuge de Buffes d'où chacun peut admirer le beau petit village de FILLE. Puis après ce coup d'oeil sur le site ils partirent dans la forêt de Longaulnay. Les chevaux marchent mal dans le sable et soulèvent la poussière. Derrière lui, marchent ses oncles, les ducs de Berry, de Bourgogne, Philippe d'Artois et de Navarre. et c'est à cet endroit que survient un incident en plein midi alors que le soleil est à son zénith. La grande frayeur que lui causa un excité à la figure hideuse qui sortit d'un buisson lui criant, en empoignant la bride de son cheval, "Arrêtes, Noble Roi, tu es trahi ! " déclenche sa première crise de démence. Le page qui porte la lance, assoupi sous l'effet de la chaleur, lâche celle-ci qui, en tombant heurte le sol avec un grand bruit. Alors là, le roi sort de sa torpeur, il est réveillé en sursaut : il croit tomber sur une embuscade et là, il se saisit de son épée et tua tous ceux qui se trouvaient autour de lui. Les grandes chaleurs du mois d'août ajoutées à la fatigue du voyage dérangèrent entièrement son cerveau : il fut maîtrisé, on le ramena au Mans ligoté sur un chariot gentiment prêté par le seigneur du château des Perrais et il restera dans la capitale de la province du Maine jusqu'au 18 août.
A la suite de cette folie, Charles "Le Bien Aimé" devient Charles VI "Le Fol" et une terrible guerre civile éclata entre deux partis ennemis celui des Armagnacs et celui des Bourguignons. Charles VI mourut en 1422.

Entre le soleil qui flamboie et la route qui poudroie, Charles VI dit "Le Bien Aimé" chevauchât... en direction de Malicorne, alors, bien sûr, comme il faisait chaud, la tête lui tournât mais il avait revêtu une tunique de velours et un chaperon de vermeil écarlate qui lui couvrait bien la tête : une "tenue très estivale" que l'on appelait une "jacque" ; enfin, non ce n'était pas vraiment la tenue idéale quand on crève de chaleur.
Avant d'atteindre la forêt de Longaulnay, surpris, effrayé par un drôle d'individu en haillons, il fit une démonstration de ses talents de guerrier et en deux coups de cuiller à pot, deux de ses valets passèrent de vie à trépas et il en blessa deux autres qui trépasseront plus tard ; alors là, l'expédition est terminée : et le roi devient fou.

Une statue équestre en plâtre retouché à la cire le représente au musée du Louvre, département des Sculptures, oeuvre d'Antoine-Louis Barye, dans cette traversée de la forêt du Mans, effrayé (en réalité cette scène eut lieue dans
la forêt de Longaulnay aux environs de Fillé et de Guécélard).
Sources Bibliographiques : Dictionnaire topographique, historique et statistiques de la province du Maine de J.R. Pesche
- Histoire de la Province du Mans collections Médiathèque Louis Aragon
- Histoire des Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
- Sur l'épisode le plus connu des passages des rois de France au Mans et qui reste celui du coup de folie du roi Charles VI : l'article "ET LE ROI DEVINT FOU" de la revue MAINE DECOUVERTES n° 20 de second trimestre 1999.
ainsi que l'article des 18 Rois de France en province du Maine signés Philippe Bouton, Alain Moro, Daniel Etoc, Jacques Chaussumier et Jacques Gohier et que ce dernier situe aux alentours de Fillé et de Guécelard dans la fameuse forêt de Longaulnay . article paru dans le premier numéro de 2001 de la Vie Mancelle et Sarthoise.
- sources et références manuscrites : archives départementales de la sarthe.
- passage de Louis XIII au Chateau de Buffe ; source et information : mémoire de D. LAPORTE-BEUCHER.
- archives de la Mairie de FILLE
- illustrations et informations sur livre d'histoire classe de 5° des Cours Complémentaires, RENAISSANCE-MOYEN AGE de E. PERSONNE ET P. MENARD des Editions NATHAN publié en Novembre 1958.
- lecture complète de l'Union Historique et littéraire du Maine d'Ambroise Ledru n°10
- lecture complète de la Revue Historique et Archéologique du Maine, 3ème série, tome 12.
autre source bibliographique :
- extrait d'un article "Un aspect de la Peste de 1626 dans le Haut-Maine" de Caroline Delaperelle dans les Malheurs du Temps publié par la revue culturelle et touristique du Dépt de la Sarthe n° 343, second trimestre 1999.
- extraits du livre écrit par Monsieur André GOBENCEAUX sur la commune de GUECELARD "GUE-SEELARD" et remis au Maire de Fillé.
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